Chinguetti (Mauritanie), le 5 janvier 2008 Chinguetti, septième ville sainte de l’Islam, manifeste contre la violence
Le 4 janvier, près de 200 habitants de Chinguetti, septième ville sainte de l’Islam et Préfecture de l’Adrar, région la plus touristique du pays, ont défilé dans leur ville pour une manifestation silencieuse suite aux événements dramatiques qui ont endeuillé la France et la Mauritanie les 24 et 27 décembre. Profonde affliction des Mauritaniens C’est à l’initiative du préfet Lemana que la population s’est réunie dans la vieille ville de Chinguetti. Après une prière collective, les manifestants, menés par les autorités locales et religieuses de la ville, ont rejoint la nouvelle ville. Cette manifestation s’est déroulée le lendemain de l’annonce du gouvernement français d’éviter d’aller en Mauritanie et de la décision d’annuler le rallye du Paris-Dakar. « Nous condamnons vigoureusement les deux attentats, a déclaré Leïla Habott, membre d’une coopérative féminine et fille d’une très ancienne famille de la ville. Ils sont contraires à notre sainte religion l’Islam qui interdit toute fin à une vie humaine, comme ils sont contraires à nos valeurs basées sur la morale, la tolérance et l’hospitalité ». « Ce sont des événements isolés qui ne remettent pas en cause le cœur des Mauritaniens, commente encore Abdelahim Moké, instituteur. Nous restons un peuple paisible, connu pour son hospitalité, surtout envers des gens que nous ne connaissons pas et qui nous font l’honneur de venir chez nous ». Surprise et incompréhension Aujourd’hui, plus de 3000 militaires étaient encore consignés au nord de l’Adrar où 3 militaires avaient été attaqués le 27 décembre. A Atar, chef-lieu de la région, la population s’apprêtait à recevoir, comme chaque année, le rallye du Paris-Dakar. « Nous sommes très surpris par l’annulation du rallye, témoigne Sylvie Lansier, aubergiste à Chinguetti depuis dix ans, et tout autant par les recommandations du gouvernement français : l’Ambassade française, en général proche des ressortissants, n’a averti d’aucune menace pouvant peser sur nous. Parmi les Mauritaniens, je me sens toujours en sécurité ». Dimanche dernier, des tours opérateurs avaient décidé de diriger les voyageurs français sur le Maroc. En Mauritanie, le tourisme constitue un enjeu économique de premier ordre. C’est aussi une destination particulièrement prisée des Français depuis une dizaine d’années.
Sylvie Béallet, ex correspondante de la Provence
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